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Anja Harteros et Anita Rachvelishvili brillent aux Verdi-Tage du Deutsche Oper

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Verdi – Il Trovatore / Verdi – Un Ballo in maschera
Berlin, Deutsche Oper, 12 et 13 mai 2018

Durant le mois de mai 2018, le Deutsche Oper de Berlin présente une série de représentations d’opéras de Verdi, avec pas moins de sept chefs-d’oeuvre du compositeur donnés en alternance.

Le 12 mai avait lieu la toute dernière représentation d’une production du Trouvère créée ici même en 1996 et donnée plus d’une quarantaine de fois depuis. Si à sa création la mise en scène très Regie-theater de Hans Neuenfels avait pu choquer, elle ne provoque maintenant qu’une gêne polie. Au début, Leonora est en ménine face à Luca et Manrico en toréros, qui tapent chacun dans un punching-ball. A la fin, nous sommes dans un camp de concentrations. Entre temps, vous aurez pu assister à la scène du couvent revisitée en bal de nonnes dansant avec un Jésus descendu de sa croix. Que peut-il se passer dans tête d’un artiste pour proposer un tel n’importe quoi ? Des rires ponctuent la représentation … adieu l’émotion !

La distribution est dominée par l’incroyable Azucena d’Anita Rachvelishvili, accueillie par une ovation tonitruante aux saluts, qui propose un portrait à la fois terrifiant et bouleversant de la gitane. Aisance dans les graves, sublimes messa di voce dans les aigus, timbre ravageur … quelle voix ! Angela Meade, qui remplaçait Maria Agresta initialement prévue en Leonora, a une voix étonnante : un aigu facile, qui lui permet des interpolations percutantes (quoiqu’un peu curieuses) dans les cadences ; un souffle et une puissance assez bluffants ; une grande agilité (superbes contres-notes piquées dans la cabalette de Tacea la notte). Tout au long de la représentation, sa Leonora est impressionnante, mais pas totalement émouvante.

Le casting masculin est un cran en dessous. En Manrico et Luna, Murat Karahan et Simone Piazzola ne manquent pas d’aplomb, mais ils semblent constamment gênés par la mise en scène et forcent très souvent la voix, déséquilibrant régulièrement les ensembles. Direction dynamique de Giacomo Sagripanti, avec quelques décalages des chœurs.

Le lendemain, le Bal masqué est présenté dans une mise en scène épurée, précise mais assez peu marquante de Götz Friedrich, et avec une distribution bien plus homogène, quoi qu’encore dominée par sa prima donna. Anja Harteros, vocalement déchirante (quelle merveille cet aria en début de 3e acte), n’a qu’à apparaître sur scène pour convaincre. Elle est royale, de timbre, de prestance, avec ces aigus presqu’irréels qui n’appartiennent qu’à elle. Est-ce pour autant le rôle qui la met le mieux en valeur ? Même dans une salle de taille moyenne comme le Deutsche Oper, Harteros semble en effet parfois gênée dans les moments qui requièrent le plus de puissance dans l’aigu. Son annulation récente dans le même rôle à l’Opéra Bastille aura sans doute été, a posteriori, une sage décision.

En Gustave III, Dmytro Popov est une excellente surprise : le timbre est superbe, la ligne de chant d’une belle musicalité ; et la voix du ténor s’allie à merveille avec celle d’Anja Harteros. Le baryton Luca Salsi (René), la mezzo-soprano Judit Kutasi et la piquante soprano Dean Murphy (Oscar) complètent idéalement la distribution. Benjamin Reiners dirige avec fougue et lyrisme cette belle équipe, ainsi que l’excellent orchestre du Deutsche Oper.

 

 

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