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Elsa Dreisig et Javier Camarena brillent dans les Puritains à l’Opéra Bastille

Elsa Dreisig et Javier Camarena brillent dans les Puritains à l’Opéra Bastille

Bellini – Les Puritains
Paris, Opéra Bastille, 7 septembre 2019

Pour ouvrir sa saison 2019/2020, l’Opéra national de Paris propose une reprise des Puritains, dans la production créée en 2013 à l’Opéra Bastille. La mise en scène de Laurent Pelly nous avait à l’époque terriblement déçus, une impression en partie confirmée ce soir.

La scénographie se résume pour ainsi dire à un seul élément : une (jolie) structure en fer noir, ouverte, qui tourne. Visuellement efficace, avec de très beaux éclairages, le dispositif disparaît de temps en temps, livrant alors les chanteurs à eux-mêmes, face à une énorme scène vide. Ainsi, la fin de l’acte 2 où Riccardo et Giorgio chantent leur fameux duo en tee-shirt sur le plateau inoccupé de Bastille est des plus absurdes.

Plus gênant, on peut reprocher à Laurent Pelly d’avoir par ce dispositif contribué à mettre les chanteurs en difficulté. Avec ce décor sans fond qui laisse filer le son, dans une salle aux dimensions déjà bien trop importantes pour ce répertoire, tous sont en effet obligé de forcer la voix, dans des rôles d’une extrême difficulté technique. C’est dommage car la performance des chanteurs aurait sans doute été décuplée dans un environnement scénique plus favorable.

Époustouflants Elsa Dreisig et Javier Camarena

Pour ses débuts dans le rôle d’Elvira, à tout juste vingt-huit ans, Elsa Dreisig se jette corps et âme dans le personnage ; elle impressionne par sa maîtrise technique et son panache. Se jouant des difficultés du rôle (ébouriffant « Vien diletto » au 2e acte, aigu facile jusqu’au contre-mi bémol), elle excelle dans les passages plus lyriques (fin du 1er acte, duo avec Arturo dans le 3e acte), où sa voix, grâce à une excellente projection et un timbre pulpeux, rayonne dans la salle. Excellente actrice, elle livre un portrait de l’héroïne de Bellini qu’on a rarement entendu aussi complet.

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Javier Camarena est un spécialiste du rôle d’Arturo, dont il possède l’endurance et les notes meurtrières, et qu’il chante sur les plus grandes scènes internationales. Très applaudi, il est ce soir époustouflant d’aisance, donnant une véritable leçon de bel canto – legato, intonation, messa di voce – et allant jusqu’à tenter le fameux contre-fa du dernier acte.

En Riccardo, Igor Golovatenko manque un peu d’agilité (cavatine du 1er acte), ce qu’il compense par une très belle prestance scénique et un timbre magnifique. Nicolas Testé (Giorgio) complète un quatuor des Puritains de très haute tenue. Riccardo Frizza dirige avec soin et attention aux chanteurs un orchestre de l’Opéra allégé à souhait.



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