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15 juin, 2018

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Mozart en 10 CD : une discographie idéale

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Sélectionner seulement 10 CD dans l’immensité discographique de Mozart, une mission impossible ?

Nous avons pourtant tenté l’expérience, en toute subjectivité bien sûr, en essayant de couvrir le plus grand nombre de formes musicales et de périodes de la vie du compositeur. Et si la liste ne présente que des enregistrements plutôt récents et sur instruments d’époque, cela ne relève en rien du hasard : les évolutions interprétatives menées depuis quelques décennies ont été pour nous trop décisives pour ne pas faire un tel choix.

 

Messe K.139 & Exsultate Jubilate K.165 – Harnoncourt (Teldec)

Harnoncourt à enregistré pour Teldec une magistrale intégrale de la musique religieuse de Mozart, qui constitue une référence pour la plupart des œuvres abordées, à l’exception peut-être des deux chefs d’œuvre de la maturité (Messe en ut et Requiem). Ce volume inclut une œuvre de jeunesse (composée à 13 ans), la Messe solennelle K.139, magique succession de petits numéros, dont certains incroyablement sombres, et dont seul Harnoncourt a su saisir la portée. On y trouve également le célébrissime (mais trop enregistré) Exsultate, jubilate, motet écrit pour le castrat Rauzzini, ici interprété par une Barbara Bonney au sommet de son art.

 

Requiem – Bernius (Carus)

Entre les trop sages interprétations baroqueuses « à l’anglaise » (Hogwood, Gardiner, etc), et celles plus personnelles mais très torturées (Harnoncourt, Currentzis), il n’y a finalement pas tant d’excellentes versions du Requiem, en dépit d’un choix pléthorique. On vous conseille donc de faire confiance à Frieder Bernius qui, avec de jeunes solistes, un ensemble et un chœur de chambre propose une version fraîche et équilibrée. On pourra également se tourner vers Ton Koopman, qui réunit un sublime quatuor de solistes – Barbara Schlick en tête – dans un de ses meilleurs disques (plus difficile à trouver). Attention, René Jacobs sortira en 2018 son enregistrement de l’oeuvre, avec le Freiburger Barockorchester.

 

Don Giovanni – Jacobs (Harmonia Mundi)

Comme à son habitude, René Jacobs fait table de rase du passé, repart de la partition originale, du texte, anime les récitatifs et réinvente une oeuvre qu’on croyait connaître par coeur. Quelques chefs avaient ouvert la voie (Norrington, Östman), mais sans l’imagination, ni le sens du théâtre du chef gantois. Sans non plus un orchestre aussi virtuose et aux si belles couleurs que le Freiburger Barockochester. La distribution affiche une belle jeunesse (notamment Johannes Weisser dans le rôle titre) et une impeccable homogénéité, deux qualités indispensables pour cette oeuvre. Aucun des chanteurs ne démérite face aux gloires du passé, loin de là. Depuis, Teodor Currentzis a enregistré une superbe version de l’oeuvre, mais on le préférera encore dans Cosi fan tutte ou encore dans sa récente Clémence de Titus.

 

La flûte enchantée – Jacobs (Harmonia Mundi)

Mêmes remarques que pour Don Giovanni concernant Jacobs, qui va encore plus loin dans la subjectivité (et le génie oserait-on dire!). L’écoute est ponctuée d’ajouts plus inventifs les uns que les autres et – enfin – le texte parlé s’écoute sans ennui. L’Akademie für Alte Muzik atteint une perfection instrumentale impressionnante. Au sommet d’une distribution sans faille, Marcos Fink efface les divers Sarastro wagnériens de la discographie et le duo Tamino-Papageno brille par sa jeunesse. Enfin, Marlis Petersen, merveilleuse mozartienne, vous arrachera des larmes à chacune de ses interventions en Pamina.

 

Lucio Silla – Harnoncourt (Teldec)

Quoi ? Lucio Silla et non les Noces de Figaro ni Cosi fan tutte ? Oui, car pour bien comprendre Mozart, il faut absolument connaître cet opéra de jeunesse, où la musique brûle de sa fougue adolescente, et qui fait éclater les canons de l’opéra seria. Certes, l’oeuvre est allègrement tronquée, mais Harnoncourt et son équipe transcendent chaque moment, en particulier les récitatifs accompagnés, et l’extraordinaire final du premier acte. La jeune Cecilia Bartoli est incandescente en Cecilio, et Edita Gruberova impériale dans le rôle virtuose à souhait de Giunia.

 

Symphonies n° 38 & 41 – Freiburger Barockorchester, Jacobs (Harmonia Mundi)

On aurait aimé sélectionner la très connue symphonie n° 40 ; pourtant aucune version de cette oeuvre ne nous semble inoubliable (une fois n’est pas coutume Jacobs avec le même orchestre y est resté trop en retenue). Ce disque regroupe une symphonie « Prague » en forme de véritable feu d’artifice sonore, et une symphonie « Jupiter » d’une superbe majesté. Le Freiburger, comme d’habitude, joue comme si sa vie en dépendait. Pour les symphonies de jeunesse, on se tournera vers l’intégrale Harnoncourt avec le Concentus Musicus Wien. Pour une intégrale des 3 dernières symphonies (39, 40 et 41), on peut également écouter les récents enregistrements de Harnoncourt ou Brüggen.

 

Concertos pour clavier n°22 et 23 – Levin, Academy of Ancient Music, Hogwood (L’Oiseau Lyre)

Très inspiré, Christopher Hogwood a enregistré en compagnie de Robert Levin quelques très beaux disques  de concertos pour clavier. Le pianofortiste ornemente de la plus belle des façons, et l’Academy of Ancient Music l’accompagne magnifiquement. Ce disque, le plus réussi de la série, contient une des œuvres les plus bouleversantes de Mozart, le Concerto n° 22 en ré mineur. Attention, il est assez difficile à trouver en CD, mais disponible depuis quelques mois dans la nouvelle intégrale Mozart publiée par Deutsche Grammophon. Nous vous conseillons donc également les très beaux enregistrements d’Andreas Staier avec le Concerto Kôln chez Teldec, ou encore les deux disques de Kristian Bezuidenhout avec le Freiburger Barockorchester chez Harmonia Mundi.

 

Concertos pour vents – Concerto Köln (Capriccio)

Ce disque réunit les trois plus beaux concertos pour vent écrit par Mozart : celui pour hautbois (souvent joué dans sa version pour flûte), le parisien pour flûte et harpe (avec son inoubliable andante) et, enfin, celui pour clarinette composé par Mozart quelques mois avant sa mort. Le Concerto Köln y apporte sa fraîcheur et son agilité habituelles. On trouvera d’autres versions isolées intéressantes mais aucune ne dresse un panorama aussi homogène. Le Concerto Köln se signale également par un très bel enregistrement des symphonies n°29 et 35, et accompagne Jacobs dans Cosi et les Noces.

 

Œuvres pour clavier, volume 7 – Bezuidenhout (Harmonia mundi)
Le pianofortiste, a enregistré pour Harmonia Mundi une magnifique intégrale de l’oeuvre pour clavier de Mozart. Ce volume inclut la très belle Sonate en la mineur K.310. On y retrouve la délicatesse et l’inventivité du pianofortiste sud-africain. On peut également écouter les enregistrements décapants d’Andreas Staier (Harmonia mundi également). Plus sage, l’intégrale de l’oeuvre pour clavier par Ronald Brautigam est très recommandable.

 

Sonates pour violon, vol.4 – Podger & Cooper (Channel Classics)

Avec leur intégrale des sonates pour violon et clavier (en 8 CD), Rachel Podger et Gary Cooper ont frappé très fort, jetant aux oubliettes toutes les tentatives précédentes sur instruments d’époque (notamment en termes de technique instrumentale). Les deux solistes rivalisent d’inventivité et de virtuosité, l’ornementation est superbe, en particulier dans les sonates de jeunesse, qui pour la première fois montrent leur intérêt. Ce volume, qui permet de naviguer de la jeunesse à la fin de la vie de Mozart, est particulièrement réussi, et contient notamment la déchirante sonate K.304 en mi mineur.

 

 

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