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Miranda, bouleversante création d’après Purcell à l’Opéra Comique

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Miranda – Création lyrique sur des musiques d’Henry Purcell
Paris, Opéra Comique, 25 septembre 2017

Photos : Pierre Grosbois / Opéra Comique.

Lorsque l’on sort de cette heure et demie de spectacle, un seul regret nous vient : pourquoi était-il si court ? Avec quel bonheur serait-on encore resté dans cet Opéra Comique à écouter ces plaintes, toutes plus déchirantes les unes que les autres, scotché devant ces images si prenantes. C’est dire la réussite de Miranda, création lyrique sur des musiques de Purcell, qui marque une nouvelle collaboration entre le chef Raphaël Pichon et la metteur en scène Katie Mitchell.

Drame inspiré de The Tempest de William Shakespeare, sur un livret écrit par Cordelia LynnMiranda a pour lui une unité et une cohérence qui font toute sa force, alors même que l’idée de ce pasticcio à l’anglaise était des plus risquées. Ce « semi-opéra » parlé et chanté, comme à l’époque de Purcell, comporte en son centre un « masque ». La représentation débute par les obsèques de Miranda, partie en mer et jamais reparue. Soudain, l’héroïne apparaît et raconte son histoire, confrontant son père et son mari les horreurs qu’ils lui ont fait vivre.

Katie Mitchell trouve dans la terrible épopée de la jeune Miranda un matériau idéal, et par construction, conçu sur mesure. En narrant la tragique existence de Miranda, elle livre une mise en scène féministe, sans aucune lourdeur dans le propos ni dans le rendu. En outre, la metteur en scène tétanise le spectateur par un subtil mélange des genres : aux coups de théâtre, aux visions chocs, aux visages traumatisés, elle mêle la sensualité et la beauté des gestes.

Raphaël Pichon a puisé dans la riche oeuvre de Purcell (The Indian Queen, The Tempest notamment), et de contemporains du compositeur anglais (Matthew Locke, Jeremiah Clarke), une montagne de trésors, qu’il a agencée en parfaite harmonie avec la mise en scène. Facile, nous direz-vous ? Il n’y avait pourtant rien, à notre sens, de plus périlleux comme exercice. Très inspiré, le chef est secondé par un Ensemble Pygmalion (orchestre et choeur) au zénith, qui délivre des sonorités merveilleuses. Quand le rideau se ferme sur la lamentation « O Death, rock me asleep » (Anonyme), on se dit que le pari musical est plus que réussi.

La distribution, majoritairement anglophone, tient toutes ses promesses. Dans le rôle titre, Kate Lindsey peine un peu dans les graves en début de représentation, avant de trouver pleinement son assise dans le personnage. Katherine Watson, très applaudie, est une bouleversante Anna, et le ténor Allan Clayton dévoile des trésors de subtilité en Ferdinand, époux de Miranda. Henry Waddington, annoncé souffrant, mime ce soir le personnage de Prospero, le rôle étant crânement chanté dans la fosse par Alain BuetMarc Mauillon est, comme d’habitude, impeccable dans le rôle du Pasteur. Enfin, les quelques minutes chantées par le très jeune (14 ans) Aksel Rykkvin, véritable star dans sa Norvège natale, auront été un pur bonheur pour les oreilles…quel dommage de ne pas l’avoir davantage entendu !

 

 

 

 

 

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