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Irrésistible Domino Noir à l’Opéra Comique !

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Auber – Le Domino Noir
Paris, Opéra Comique, 1er avril 2018

En ce 1er avril 2018 où l’on apprenait la disparition de Michel Sénéchal, quel meilleur hommage rendre à cet amoureux et défenseur de l’Opéra français que d’assister à ce Domino Noir ? L’opéra écrit par Daniel-François-Esprit Auber et créé en 1837 au Théâtre des Nouveautés est en effet l’un des plus grands succès lyriques du 19e siècle, cumulant plus d’un millier de représentations en France. Depuis, l’engouement pour l’oeuvre d’Auber s’est largement étiolé, et il faut pour rendre justice à ce répertoire, le prendre au sérieux (notamment musicalement), tout en mettant en avant son aspect comique et la large part qu’il consacre aux dialogues parlés.

L’Opéra Comique a su parfaitement relever ce défi, en réunissant une équipe tout simplement idéale, dans une production créée il y a quelques semaines à l’Opéra de Liège, avec la même équipe. Les metteurs en scène Valérie Lesort et Christian Hecq ont ainsi su trouver un équilibre parfait entre le rire, multipliant les gags et trouvailles scéniques (pour le plus grand plaisir du public), et la précision d’une scénographie qui sait toujours quand il faut s’arrêter pour éviter le vulgaire. Virevoltante, drôle, réglée au millimètre, leur mise en scène est un modèle du genre.

Très à l’aise dans les dialogues parlés, digne d’une véritable troupe de théâtre, la distribution est musicalement proche de la perfection. En Angèle de Olivarès, Anne-Catherine Gillet déploie son magnifique timbre de soprano (aigus radieux, virtuosité jamais mise en défaut), avec un naturel confondant et une incarnation débordante de vitalité et d’abattage. Annoncé souffrant, Cyrille Dubois a courageusement répondu présent, pour le plus grand bonheur du public, et a dévoilé des trésors de musicalité et délicatesse, avec une belle aisance scénique. Au sein de cette troupe francophone et toujours dans le ton Antoinette Dennefeld, François Rougier, Laurent Kubla, Sylvia Bergé, Laurent Montel), citons enfin l’irrésistible Marie Lenormand, dont l’incarnation de Jacinthe a fait le show au 2e acte. Félicitions enfin le choeur accentus, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France et le chef Patrick Davin, qui sont pour beaucoup dans cette réussite d’ensemble.

Un spectacle exemplaire, qui montre une nouvelle fois, après Miranda et Le Comte Ory, l’excellence de la programmation de l’Opéra Comique. Courrez voir ce Domino Noir, il reste encore deux représentations !

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