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La Veuve joyeuse ouvre dans la joie la nouvelle saison de l’Opéra de Paris

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Lehár – La Veuve joyeuse
Paris, Opéra Bastille, 9 septembre 2017

Créée en 1997 et marquant alors l’entrée de La Veuve joyeuse au répertoire de l’Opéra de Paris, la production de Jorge Lavelli revient à l’ONP pour la quatrième fois, pour une série de 15 (!) représentations. Et même si cette soirée d’ouverture est loin d’afficher complet, c’est sans doute la preuve que, même hors du territoire germanique, la popularité de l’opérette de Franz Lehár, solidement classée parmi les 20 opéras les plus representés chaque année dans le monde, ne se dément plus.

Installée dans un grand décor unique Art-déco, parfois coupé par des rideaux de théâtre en velours rouge, la mise en scène de Jorge Lavelli, est très rythmée et d’une belle efficacité. Pourtant, en début de représentation, on reste un peu frustré par ce kitsch un rien surabondant, et une scénographie qui, sauf à être dans les premiers rangs, ne laisse que peu de chance aux scènes les plus intimistes, dans lesquelles les protagonistes apparaissent comme perdus dans l’immensité du plateau de l’Opéra Bastille. Pourtant, peu à peu, sans que l’on puisse se l’expliquer, le spectacle vous emporte, entre émotion (magnifiques échanges entre Véronique Gens et Thomas Hampson), et une folie à laquelle les très réussis passages chorégraphiques doivent beaucoup. Le spectacle se termine en apothéose avec un French-cancan d’anthologie, qui déclenche la folie dans le public (pourquoi d’ailleurs ne pas avoir cité le nom des danseurs dans le programme de salle ?).

Côté chant, on peut finalement faire un constat similaire. On commence ainsi par se focaliser sur quelques agacements : les chanteurs seraient tellement plus à l’aise dans une salle plus petite (Garnier), la sonorisation des dialogues est un peu agressive. Et puis, au 2e acte, le rythme des danses d’Europe centrale et, surtout, les premières notes qui annoncent le « Lippen schweigen (Heure exquise) » font basculer la tendance.

Le bel accueil réservé ce soir à Véronique Gens fait plaisir à voir, elle qui gère avec tant de modestie une carrière exemplaire. La tessiture du rôle lui convient à merveille – la voix est ainsi riche de couleurs dans le médium -, si ce n’est quelques aigus qu’on aurait aimé plus aériens, et elle semble s’amuser comme une folle tout au long de la soirée. Thomas Hampson est un partenaire idéal : le bagout, la prestance et ce timbre toujours irrésistible effaçant quelques aigus très tendus. Valentina Nafortina, qui fait ce soir ses débuts à l’Opéra de Paris, est une délicieuse Valencienne, à laquelle le ténor américain Stephen Costello donne vaillamment la réplique. Franck Leguérinel est quant à lui un irrésistible baron Mirko Zeta, et on notera la présence dans le rôle parlé de Njegus, de rien moins que Siegfried Jerusalem. Le jeune chef Jakub Hrůša dirige l’Orchestre de l’Opéra de Paris de la plus belle des façons : il a de l’énergie à revendre certes, mais magnifie surtout la partition dans les passages les plus tendres, en mettant en avant de belles subtilités d’orchestration.

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