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Inoubliable Traviata au Théâtre des Champs-Élysées

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Verdi – La Traviata
Paris, Théâtre des Champs-Elysées, 28 novembre 2018

Photos : Vincent Pontet / TCE

Pour cette fin d’année, le TCE propose une nouvelle production du chef d’oeuvre de Verdi dans un format inhabituel. Le chef Jérémie Rhorer a en effet décidé de revenir aux sources, avec un orchestre sur instruments anciens et un diapason originel de 432 Hz, plus bas donc que celui choisi de nos jours, et qui est, selon le TCE, « celui dans lequel fut composée l’œuvre et que Verdi n’eut de cesse de revendiquer haut et fort pour son « harmonie naturelle ». » Par la même occasion, Rhorer dirige une version intégrale de l’oeuvre, dans le plus strict respect de la partition. Toutes les reprises des cabalettes sont ainsi données, et les mauvaises habitudes – comme le contre mi bémol du « Sempre libera » à la fin du premier acte – sont expurgées.

Pour réussir ce pari, il fallait que l’exécution musicale soit au diapason, si l’on peut dire, des ambitions proposées. Tel est bien le cas ce soir : les superbes couleurs et la dynamique des instruments d’époque du Cercle de l’Harmonie illuminent une partition que l’on redécouvre dans ses plus petits détails. La direction de Jérémie Rhorer, sensible, vive mais sans précipitation, parachève cette éclatante réussite musicale.

La mise en scène de Deborah Warner situe cette Traviata dans un univers glacial et suffocant, où la maladie est omniprésente dès le départ. On reconnaît tout au long de la représentation l’élégance habituelle de la metteur en scène et sa grande attention portée à la direction d’acteurs. Les très beaux costumes de Chloé Obolensky complètent cette impression d’élégance. Une mise en scène qui va crescendo dans l’émotion, jusqu’à un troisième acte bouleversant.

Le choc Vannina Santoni

En Violetta, Vannina Santoni est éblouissante, se jetant à corps perdu dans un rôle qu’elle chante ce soir pour la première fois. D’une présence scénique irradiante (le dernier acte, à pleurer de beauté), la soprano a conquis le public par une voix éclatante de beauté et de jeunesse, au médium sonore et aux pianissimi radieux. Une très grande Violetta est née !

Idéalement distribué en double de cette Violetta écorchée vive, le ténor Saimir Pirgu dévoile quant à lui un timbre éclatant et une belle projection qui font merveille dans le rôle d’Alfredo. Quel bonheur enfin de retrouver le baryton capiteux et la présence magnétique de Laurent Naouri, bouleversant en Giorgio Germont. Mention spéciale également pour les seconds rôles et le Choeur de Radio France, tous impeccables.

Cette merveilleuse Traviata est encore à l’affiche pour cinq représentations, courez-y !

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