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Fête musicale et scénique pour King Arthur au Staatsoper de Berlin

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Purcell – King Arthur
Berlin, Staatsoper, 10 mai 2018

Créé à Londres en 1691, le King Arthur de Purcell est une composition hybride mêlant texte parlé, airs chantés et interludes musicaux. Ce semi-opéra, véritable « comédie musicale » selon Nikolaus Harnoncourt, narre les aventures d’Arthur le Breton et d’Oswald le Saxon se battant pour la Bretagne et pour la belle Emmeline. L’oeuvre est présentée ce soir en anglais pour le chant, et en allemand pour le texte parlé, ce dernier ayant été profondément revisité pour coller à l’air du temps, avec heureusement des surtitres en anglais.

Sven-Eric Bechtolf et Julian Crouch ont transposé l’action au cours de la seconde guerre mondiale, faisant de ce King Arthur un rêve éveillé, qui démarre par la vision d’Arthur enfant venant de perdre son père aviateur à la guerre. Une idée astucieuse sur le papier, mais inutilement échevelée : le texte et la musique reprennent assez vite le dessus, et l’on oublie la retranscription pour se concentrer sur un spectacle haut en couleurs. Scéniquement magnifique (décors, costumes, lumières), ce King Arthur est en effet spectaculaire, féérique, drôle, et touche le public droit au coeur. Les atmosphères changent, tantôt émouvantes, tantôt grivoises, tantôt burlesques, emportées par de fabuleux acteurs (mention spéciale à Max Urlacher en Merlin et à Meike Droste en Emmeline).

René Jacobs galvanise une superbe équipe musicale

La réussite du spectacle doit beaucoup au chef René Jacobs qui a totalement réagencé l’oeuvre de Purcell, en intégrant aux textes parlés des accompagnements musicaux et clins d’oeil musicaux (percussions, instruments qui répondent aux acteurs). La direction inventive et théâtrale du chef gantois éblouit une fois de plus, et René Jacobs est comme un poisson dans l’eau dans ce tourbillon scénique et musical qui met en valeur son imagination débridée. Triomphe aux saluts plus que mérité pour le maestro, tout comme pour les musiciens berlinois de l’Akademie für Alte Musik. Quel mordant dans les attaques, quelles couleurs dans le continuo, quelles beautés dans les violes de gambes ou dans le luth de la fidèle Shizuko Noiri ! Le superbe Staatsopernchor est quant à lui idéal de précision et d’investissement, les chanteurs s’intégrant parfaitement aux acteurs.

La distribution vocale frôle la perfection, emmenée par une Anett Fritsch, tonitruante et superbe de timbre, aussi à l’aise en Cupidon qu’en bergère, en nymphe qu’en Vénus. On est ravi d’enfin retrouver la soprano à Paris la saison prochaine dans Carmen. Les autres chanteurs, tout autant investis, méritent également des louanges : Robin Johannsen (soprano), Benno Schachtner (contre-ténor), Mark Milhofer et Stephan Rügamer (ténor), Artuu Kataja et Neal Davies (basse). Ce dernier a plongé la salle dans une grande émotion pendant le célébrissime « Air du froid ».

Photos : Ruth Walz

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