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L’Italienne à Alger émerveille le public du Festival de Salzbourg

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Rossini – L’Italiana in Algeri
Salzbourg, Haus für Mozart, 16 août 2018

Photos : Monika Rittershaus

Quel succès ! Rarement on aura connu une telle ambiance pour un spectacle au Festival de Salzbourg : applaudissements tout au long de la représentation, rires (voire fous-rires !), hourras à n’en plus finir. L’ambiance était cet après-midi si électrique que chanteurs, chef et orchestre ont entonné sur scène, en forme de bis, le choeur final de cette Italienne pour le plus grand plaisir du public.

C’est peut-être avant tout la mise en scène de Moshe Leiser et Patrice Caurier, pas politiquement correcte pour un sou, qui a déclenché une telle unanimité. L’action se situe chez un Mustafà obèse, fan de Zidane et petit trafiquant, qui officie auprès de fripouilles en survêtement. Entre dreadlocks et pétards, petites culottes et slips, la mise en scène ne fait pas toujours dans la dentelle, mais elle est d’une redoutable efficacité. Il n’y aucun temps mort, certains gags sont franchement irrésistibles, les chanteurs s’en donnent à coeur joie (Bartoli en tête) … que demander de plus ?

Cecilia Bartoli, maintenant Norma et Alcina, n’est peut-être pas le contralto que requiert le personnage d’Isabella ; la mezzo s’échappe d’ailleurs vers l’aigu dès qu’elle le peut, dans les variations ou ornements. Et pourtant, elle est une nouvelle fois époustouflante, chantant Rossini comme on parlerait : vocalises à tomber à la renverse, déclamation irrésistible. Soulignons en outre ce « leadership » si naturel, qui emmène une équipe au plus haut : il faut la voir aux saluts, visiblement très touchée par l’accueil du public, applaudir à n’en plus finir ses collègues chanteurs.

Ildar Abdrazakov impressionne en Mustafà : lui qui chantait il y a peu Boris Godounov à l’Opéra Bastille, se fond à merveille dans le buffo et les coloratures rossinniennes, avec un timbre somptueux. Edgardo Rocha est un Lindoro tendre et virtuose ; Alessandro Corbelli (quel métier, quel acteur !) un Taddeo drôlissime et Rebecca Olvera une Elvira piquante à souhait. Distribution irréprochable donc, à laquelle on reprochera peut-être une certaine hétérogénéité dans les timbres et au niveau de la projection (de celle très retenue de Bartoli à celle, monumentale, d’Abdrazakov notamment), qui complique parfois le rendu des ensembles.

Dans la fosse, Jean-Christophe Spinosi confirme une nouvelle fois son excellence dans Rossini. Le chef, d’une redoutable précision, insuffle une belle énergie. La façon, par exemple, avec laquelle il négocie crescendos et accélérations dans le final du 1er acte est tout bonnement renversante. L’Ensemble Matheus, dans une forme olympique, lui répond comme un gant. Soulignons ainsi l’excellence des soli instrumentaux : piccolo de Moritz Plasse, flûte de Naomie Gross, hautbois de Magdalena Karolak, cor d’Edouard Guittet.

On retrouvera Cecilia Bartoli, l’Ensemble Matheus et Jean-Christophe Spinosi au disque dans un récital Vivaldi à paraître en octobre prochain. Par ailleurs, c’est au baroque (Alcina de Haendel et les castrats) que Bartoli consacrera sa prochaine édition du Festival de Pentecôte, en juin 2019.

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