Contact

L’excellence au rendez-vous pour le Gala inaugural des 350 ans de l’Opéra de Paris

Shares

Pour fêter en 2019 les 350 ans de la création par Louis XIV de l’Académie Royale de Musique (1669), préfiguration d’un Opéra national en France, un grand Gala inaugural était organisé les 30 et 31 décembre au Palais Garnier. La soirée d’anniversaire à proprement parler se tiendra le 8 mai 2019, avec un récital d’Anna Netrebko et de Yusif Eyvazov.

Superbe mise en scène de Vincent Huguet

La grande originalité du Gala de ce soir est d’avoir intégré au spectacle une réelle mise en scène, d’autant plus que la proposition de Vincent Huguet y répond avec beaucoup d’efficacité et de sensibilité. Ainsi, les airs d’opéra sont présentés comme des scènes indépendantes – le duo de La Traviata pourrait par exemple figurer dans une production complète de l’oeuvre -, et les différents protagonistes (danseurs compris) interviennent à tout moment. Les différents moments sont liés via un fil conducteur présentant le destin d’une femme – chanteuse, actrice, courtisane ? -, incarnée par Sonya Yoncheva.

L’emploi à bon escient de la vidéo permet en outre d’admirer de superbes images du Palais Garnier ; on retient par exemple le magnifique passage où Sonya Yoncheva court sur le toit de l’Opéra, pendant la Mort de Posa chantée par Ludovic Tézier. Final grandiose enfin, dans lequel, sur l’accompagnement instrumental du Duo des Pêcheurs de perles, on voit Yoncheva marcher de l’extrême fond de la scène du Palais Garnier vers le devant de la scène, une allusion à l’inoubliable mise en scène de Capriccio de Robert Carsen dans cette même salle ?

Le trio vocal est ce soir de toute beauté. En prima donna de la soirée, Sonya Yoncheva est dans son élément. Avec ce timbre et ce moelleux dans la voix toujours somptueux, et malgré un aigu parfois un peu dur, la soprano incarne une Manon incandescente. Nous ne sommes pas prêt d’oublier son duo de La Traviata, sommet vocal de la soirée, près de vingt minutes d’extase vocale. Ludovic Tézier, fidèle à lui même, c’est-à-dire absolument parfait, bouleverse une fois de plus, que ce soit dans la Mort de Posa (Don Carlos), en Germont père dans La Traviata ou en Athanaël de Thaïs : somptuosité du legato, projection royale, que cela est beau ! Le ténor Bryan Hymel, à l’aigu toujours éclatant et avec une prononciation française impeccable, semble un peu tendu, parfois presqu’au bord de la rupture.

Moments de grâce avec les danseurs du Ballet

Symboles de l’excellence absolue du Ballet de l’Opéra de Paris, six danseurs proposent ce soir, en parfaite intégration avec les parties vocales, des extraits de ballets récemment proposés à l’Opéra de Paris. Dans le pas de deux de l’acte I de La Dame aux caméliasLéonore Baulac et Mathieu Ganio, sont sublimes, sous la musique du 2e Concerto pour Piano de Chopin. Dans des extraits de Carmen ou dans le pas de deux de l’acte III de cette même DameEleonora Abbagnato et Stéphane Bullion éblouissent par une technique sans faille. Enfin, nous ne sommes pas prêts d’oublier les enlacements d’Amandine Albisson et Florian Magnenet dans les extraits du Parc, accompagnés de Concertos pour piano de Mozart.

recent

Top