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15 juin, 2018

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Le financement des plus grandes maisons d’Opéra en Europe : subventions, mécénat, recettes propres

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Après notre article sur le financement des principaux Festivals d’opéra en Europe, cette étude aborde le cas de l’équilibre économique des principaux Théâtres lyriques en Europe. Sont ici présentées des statistiques sur le budget, les subventions et les prix moyens de quatorze des plus « grandes » maisons d’opéra. L’article ne prétend pas décrire l’ensemble du système de financement des Opéras en Europe, mais vise à donner quelques indicateurs de cadrage.

Avertissement : les données de cet article ont été collectées à partir des rapports annuels publiés par les maisons d’Opéra, ou le cas échéant de communiqués de presse. Certains rapports sont assez peu détaillés et il faut souligner la grande transparence de certains pays (France notamment), alors qu’il au contraire est très difficile d’avoir accès à des données détaillées dans d’autres (Allemagne en particulier). Les données portent sur l’année 2015.

Un financement global qui se répartit à parts égales entre subventions publiques et recettes propres

Les quatorze Théâtres lyriques ici étudiés totalisent un budget d’environ 1,2 milliards d’euros. Celui-ci se partage de la façon suivante : 51% de subventions publiques (Etat et collectivités territoriales) et 49% de recettes propres. Ces dernières se répartissent ainsi : 28% pour la billetterie, 9% pour le mécénat et le partenariat privé et 12% pour les autres recettes (ventes de programmes, visites de salles, diffusions des spectacles dans les cinémas, etc.).

L’Opéra national de Paris, plus grand Théâtre lyrique d’Europe

Avec ses deux salles et plus de 200 millions d’euros de budget annuel, l’Opéra national de Paris est de loin le plus important Théâtre lyrique d’Europe. Il est suivi par le Royal Opera House (Londres) avec 160 millions d’euros de budget, et par la Scala de Milan avec 124 millions d’euros. Notons toutefois une spécificité en Allemagne, où deux grands Théâtres lyriques nationaux coexistent à Berlin (sans compter le Komische Oper), qui totalisent à eux deux l’équivalent du budget de la Scala.

Le taux d’autofinancement varie de 20% (Berlin, Bruxelles) à près de 80% (Londres)

Note : on définit le taux d’autofinancement comme le ratio de l’ensemble des recettes hors subventions publiques sur le budget total.

Plus encore que pour les Festivals, la structure du budget des différents Théâtres lyriques présente d’importantes disparités. Ainsi, le poids des subventions publiques varie du simple au quadruple selon les pays. Au final, le taux d’autofinancement (qui est donc en moyenne de 49%), s’étend de 22% (Bruxelles) à 79% (Londres). Dans les pays germaniques (Allemagne, Autriche) ou au Bénélux, les subventions publiques se sont maintenues à un niveau élevé, malgré la crise économique. Aussi, leurs taux d’autofinancement restent très faibles, et sont, par comparaison, à des niveaux proches de ceux des Opéras de province en France : par exemple, l’Opéra de Lyon a un taux d’autofinancement proche de 20%.

L’Opéra National de Paris, qui s’autofinance à environ 52% en 2015, est désormais légèrement au-dessus de la moyenne européenne, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Il est vrai que la part des recettes propres dans le budget de l’ONP n’a cessé de progresser depuis dix ans.

Si à Londres, le montant des subventions publiques a toujours été faible, d’autres Opéras européens ont connu des évolutions spectaculaires de la structure de leur budget. Ainsi, en moins de 5 ans, avec une diminution de plus de moitié des subventions publiques, le taux d’autofinancement du Teatro Real (Madrid) a pratiquement doublé, passant de 40% à 70%.

Une part du mécénat et du partenariat privé qui explose pour certains théâtres, et qui reste faible pour d’autres

La diminution progressive (mais inégale selon les pays) des subventions publiques, en particulier après la crise économique de 2008, a obligé les Opéras à diversifier de plus en plus leurs sources de financement. Ainsi, le mécénat et le partenariat privé n’ont cessé de progresser et contribuent maintenant à 9% du budget total des quatorze théâtres étudiés, avec là encore de forts écarts.

Si le poids du mécénat et du partenariat privé reste encore limité en Autriche, en Allemagne ou au Bénélux, il a très fortement progressé en Espagne. Madrid dépasse ainsi maintenant Londres (en valeur relative), ce qui était loin d’être le cas il y a cinq ans. A Paris, malgré une très forte progression du mécénat depuis deux ans, qui coïncide avec l’arrivée de Stéphane Lissner à la direction de l’ONP, son poids dans le budget total (6%) reste inférieur à la moyenne des théâtres ici étudiés.

Des prix moyens qui ne dépendent qu’en partie du niveau des subventions publiques

Note : les données sur les prix moyens n’ont pas pu être calculés pour l’ensemble des Théâtres lyriques étudiés, du fait de l’absence de données de fréquentation pour certains d’entre eux.

Si l’on rapporte les recettes de billetterie au nombre total de billets vendus sur un an, le prix moyen d’un billet atteint 73€ en 2015. Dans certains pays où les subventions publiques sont élevées (Allemagne, Belgique par exemple), le prix moyen est beaucoup plus faible et avoisine les 50€. Cette corrélation « négative » entre subventions publiques et prix moyen n’est cependant pas toujours vérifiée. Ainsi, à Zurich, alors que les subventions contribuent pour plus de deux tiers au budget, le prix moyen des billets dépasse 100€. A Paris, le prix moyen (81€) est légèrement supérieur à la moyenne de l’échantillon.

 

 

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