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Le financement des festivals d’opéra en Europe : d’importantes disparités

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Cet article présente des statistiques sur le budget, la fréquentation et le mode de financement de huit des plus « grands » festivals d’opéra en Europe. Il ne prétend pas décrire l’ensemble du système de financement des festivals, mais vise à donner quelques indicateurs de cadrage.

Avertissement : les données de cet article ont été collectées à partir des rapports annuels publiés par les festivals, ou le cas échéant de communiqués de presse. Certains rapports sont assez peu détaillés (c’est le cas notamment des deux festivals en Italie).

Salzbourg, festival le plus important en termes de budget

Avec plus de 62 millions d’euros de budget en 2016, le Festival de Salzbourg est de loin la plus grosse « machine économique » des festivals lyriques en Europe. Son budget représente ainsi rien moins que le tiers de celui de l’Opéra de Paris sur toute une saison (opéra et danse compris). Salzbourg est, parmi les festivals étudiés, celui qui présente le plus d’activités extra-lyriques (piano, orchestre, etc.), ce qui peut en partie expliquer ces écarts de budget.

Salzbourg devance les Arènes de Vérone (44 millions d’euros de budget), Glyndebourne (31 millions), puis Bayreuth et Aix-en-Provence (environ 23 millions chacun). Par comparaison, le « petit poucet » de notre sélection, le Rossini Opera Festival de Pesaro affiche un budget quinze fois inférieur à celui de Salzbourg.

Les Arènes de Vérone : 370 000 spectateurs en 2016

Toutefois, un termes de fréquentation, ce sont les Arènes de Vérone qui arrivent en tête : le festival a ainsi vendu plus de 370 000 billets en 2016. Bien entendu, le cadre très spécifique du festival, qui permet de réunir chaque soir jusqu’ à 14 000 spectateurs explique ce très fort écart. Parmi les autres festivals, Salzbourg totalise plus de 260 000 billets vendus, loin devant Glyndebourne (90 000) et Savonlinna en Finlande (71 000). Les deux festival français affichent quant à eux des fréquentations payantes d’environ 40 000 billets: Orange sur peu de dates mais avec une jauge très élevée ; Aix, avec un nombre important de représentations dans des lieux plus petits.

Un taux d’autofinancement moyen de 72%, qui varie de 21% (Pesaro) à 94% (Glyndebourne)

Note : on définit le taux d’autofinancement comme le ratio entre l’ensemble des recettes hors subventions publiques et le budget total.

Malgré une fréquentation très élevée, Salzbourg et Vérone ne sont pas les festivals avec les plus forts taux d’autofinancement. C’est le festival de Savonlinna qui arrive en tête, avec un taux d’autofinancement extrêmement élevé (82%), tout juste devant les Chorégies d’Orange (80%). Orange et Savonlinna présentent ainsi des modèles économiques proches avec un budget qui dépend très fortement de la billetterie … avec les risques que cela peut comporter en termes de stabilité budgétaire, comme on a pu le voir récemment pour Orange.

Le cas du Festival d’Aix : un financement très diversifié (mécénat, audiovisuel, coproductions)

Le Festival d’Aix-en-Provence présente un modèle économique assez « mixte » par rapport aux autres festival étudiés. Son taux d’autofinancement est relativement faible (64 %) par rapport à la moyenne de l’échantillon, mais bien supérieur à celui, par exemple, de l’Opéra de Paris (52%), sans parler de l’ensemble des maisons d’opéra en France hors Paris (autour de 20%).

Le Festival d’Aix présente des recettes « annexes » (hors billetterie) très élevées : 6 millions d’euros de mécénat, soit un niveau proche de celui de Glyndebourne (8 millions d’euros), voire de Salzbourg (10 millions d’euros). Par ailleurs, Aix a très fortement développé la co-production de spectacles avec d’autres institutions lyriques, ainsi que la diffusion audiovisuelle de ses spectacles, tout ceci lui rapportant près de 5 millions d’euros, soit tout de même 21% du budget total.

Le prix moyen d’un billet varie de 60 euros (Vérone, Pesaro) à plus de 210 euros (Bayreuth, Glyndebourne)

Sur l’ensemble des huit festivals étudiés, le prix moyen d’un billet, ici calculé comme le ratio entre les recettes de billetterie et le nombre de billets vendus, est d’environ 100 euros.

Deux festivals sont dans la moyenne : Salzbourg (qui présente une gamme très large de prix, certains dépassant 400 euros) et Orange. Pour Salzburg, il faut en outre préciser que les spectacles « hors opéra » (récital, musique de chambre) affichent des prix très en-deçà de ceux des spectacles lyriques.

Les prix sont plus faibles à Vérone et Pesaro (autour de 60 euros), et dépassent 210 euros en moyenne à Bayreuth et Glyndebourne. Dans des deux derniers cas, cela renvoie à deux situations très différentes : Bayreuth est un Festival au taux de subvention comparable à la moyenne des festivals étudiés, mais uniquement dédié à l’art lyrique, dans une salle de taille moyenne. Pour Glyndebourne, le très faible niveau des subventions publiques implique de baser le budget sur des recettes de billetterie solides, et ce malgré un mécénat très élevé et en constante augmentation.

Le lien entre subventions publiques et prix des billets 

Le graphique ci-dessous montre le lien entre le taux de subventions publiques dans le budget et le prix moyen des places. A première vue, il semble exister un lien : plus les subventions sont faibles, plus les prix moyens sont élevées. C’est notamment le cas pour Glyndebourne (très peu de subventions, prix élevé des places) ou, à l’inverse, de Pesaro (d’importantes subventions qui permettent de maintenir des prix moyens plutôt faibles). Pourtant, la corrélation n’est pas systématique : Vérone par exemple n’arrive à maintenir des prix plutôt bas (condition indispensable pour remplir chaque soir la dizaine de milliers de place des Arènes), qu’avec des subventions importantes. Bayreuth à l’inverse dispose d’un taux de subventions supérieur à la moyenne, pour des places qui restent à des prix très élevés.

 

enquête revopera



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