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Entretien avec … Maria Grazia Schiavo

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Note : cet entretien a été initialement publié en 2012 sur le site Il Tenero Momento. Retrouvez toute l’actualité de Maria Grazia Schiavo sur son site. La soprano est à l’affiche à partir du 12 septembre 2017 d’une prestigieuse production de Tamerlano à la Scala de Milan.

Vous êtes née à Naples, ville qui a joué un rôle majeur dans l’histoire de l’art lyrique. Où avez-vous étudié et comment en êtes-vous venue à la musique ?

J’ai d’abord étudié au Conservatoire de Naples dont je suis diplômée. Puis j’ai étudié à Paris sous l’égide de la grande Mady Mesplé qui m’a fait découvrir l’agilité, les aigus et les sons filés ; ce fut une expérience merveilleuse ! Ma passion pour la musique est en fait née à l’âge de dix ans, lorsqu’en écoutant la Traviata j’ai décidé que je voulais chanter exactement cette musique-là ! Lorsque j’étais petite, je chantais dans un chœur où j’ai appris de la musique magnifique et où l’expérience de chanter en groupe m’a donné la discipline que la musique exige.

Vous avez chanté beaucoup de musique baroque. D’où cela vient-il ? Quelles sont vos héroïnes et opéras baroques favoris ?

Ma rencontre avec la musique baroque, je la dois au maestro Florio, avec lequel j’ai chanté tant d’œuvres inédites et superbes conservées à la bibliothèque du conservatoire San Pietro a Majella à Naples. Puis j’ai eu la chance d’interpréter à de nombreuses reprises les héroïnes qui furent en son temps incarnées par la Cuzzoni.

Mes héroïnes préférées sont, chez Haendel, Cleopatra de Giulio Cesare et Partenope de l’œuvre éponyme. Mais j’adore également la musique sacrée de Vivaldi, ainsi que les opéras de Leonardo Vinci, compositeur de l’école napolitaine, dont je trouve superbe la Semiramide que j’emporte toujours pour mes récitals comme une aria di baule.

Vous avez travaillé avec de grands chefs italiens, comme Diego Fasolis et Ricardo Muti. Que pensez-vous de la scène lyrique italienne actuelle ?

Je pense qu’en Italie, on ne donne pas l’importance qu’elle mérite à la musique, qu’elle soit baroque ou entendue comme classique. Les théâtres préfèrent remplir leurs saisons d’œuvres plus populaires, laissant ainsi de côté un pan entier de la culture musicale provenant des écoles napolitaine ou vénitienne du XVIIIème siècle. A l’étranger en revanche, et notamment en France, des théâtres osent fonder leur programmation sur des œuvres exécutées pour la première fois, redécouvertes ou revues par des spécialistes et qui rencontrent un grand succès auprès du public.

Vous avez récemment enregistré un album d’airs très peu connus de Cherubini. Est-il important pour vous de redécouvrir la musique ?

En effet, je fonde mon travail sur la redécouverte de morceaux inconnus ou du moins peu remarqués par le public. Je me rends moins même dans des bibliothèques où je choisis pour mes concerts, parmi un répertoire immense d’opéras fabuleux, les airs qui me semblent les plus beaux et les plus nouveaux.

Quels sont vos projets, en France ou à l’étranger ?

J’ai interprété Cleopatra avec Ottavio Dantone en Italie l’an dernier et cette année, nous serons à Versailles au mois de juin. La mise en scène d’Alessio Pizzeck était fascinante, captivante. Dantone est un formidable chef d’orchestre et grâce à ses idées musicales, nous avons donné vie à un Giulio Cesare inoubliable. En 2014 j’interpréterai à Liège le rôle de Konstanze dans l’Enlèvement au sérail, que j’ai déjà chanté à l’opéra de Rome. J’espère dans les prochains temps pouvoir vous confirmer d’autres projets en France où j’adore travailler.

Quels rôles rêvez-vous de chanter, et avec qui voudriez-vous travailler ?

Un des mes rêves est déjà réalisé depuis que j’ai chanté Lucia di Lammermoor sous la direction de Bruno Campanella. J’aimerais à présent chanter sous la direction de maestro Muti, par exemple Gilda, Violetta, Amina …

Avez-vous d’autres passions ou centres d’intérêt en dehors du chant (et le temps de vous y consacrer!) ?

J’aimerais tellement disposer d’assez de temps pour lire tous les livres que j’achète, mais il est vrai qu’avec un petit garçon tout ce qui va au-delà de mon travail devient difficile ! J’aime me consacrer à mon chez-moi et à mes amis, et pendant les périodes où je suis chez moi j’en profite pour organiser des dîners et des fêtes et ainsi revoir les personnes qui me tiennent à cœur !

« Il tenero momento » tire son nom d’un air du Lucio Silla de Mozart. Aimez-vous cet air et/ou cet opera ?

Je n’ai jamais eu l’occasion de chanter Lucio Silla mais je connais bien cet air que je trouve tout à fait emblématique du génie de Mozart.

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